mardi 26 février 2008

Interview de Tima OUAMBA sur Terre Pourpre



Tima Ouamba est l'un des premiers auteurs que j'ai présenté sur ce blog. En juin dernier, son premier roman Terre Pourpre venait de paraître. Alors qu'il continue son travail de communication et ébauche la structure de son nouveau roman, il a gentiment accepté de répondre à cette interview.

Une précision toutefois, le ton familier de cet entretien trouve son fondement dans le fait que ce jeune écrivain congolais est une connaissance de longue date.


Peux-tu te présenter ?
Je suis congolais (Brazzaville), résident français depuis 1995. J’ai un parcours atypique car ma formation d’origine est la pharmacie. C’est sur le banc de la fac de pharmacie de Strasbourg que j’ai eu l’idée d’écrire un scénario. Je devais surement m’ennuyer en cours. Ensuite, c’est mon admiration pour Luc Besson qui me poussera à suivre une formation de trois ans dans une école de cinéma, à l’issue de laquelle j’ai réalisé trois courts métrages.
Je me considère donc comme cinéaste de formation et romancier depuis peu.




Comment as-tu vécu les premiers mois qui ont suivi la sortie de ton premier roman Terre pourpre ?
Dès la réception des premiers exemplaires du roman au mois d’avril 2007, je suis parti au Congo pour sa présentation. C’est un double choix :
1- je voulais offrir la primeur aux congolais, à ceux qui ont vécu ce drame car, n’ayant pas vécu physiquement cette guerre, j’avais l’impression de voler leur histoire. C’était ma façon de leur montrer du respect et de la compassion.
2- les élections législatives étaient prévues pour le mois de mai 2007. La campagne dans les médias devenait assez violente et me donnait l’impression que certains politiques n’avaient tiré aucune leçon de ces drames récurrents au Congo-Brazzaville. Ils n’avaient aucune retenue. Je présentais que la paix et la sécurité étaient menacées. J’avais l’obligation d’aller rappeler la souffrance des congolais à tous ces politiques.


Dans Terre pourpre, tu abordes la guerre civile qui a ensanglanté la République du Congo. Pourquoi le choix d’un tel thème ?
L’une des premières images que j’avais vues de cette guerre (1997) au journal de 20 heures était le corps sans vie d’un écolier portant un cartable dans le dos. Pendant des semaines, j’imaginais la réaction de ses parents qui le savaient sur le chemin de l’école. Quelques années après, j’ai voulu dénoncer cette guerre dans une scène d’un scénario de film policier que j’écrivais. C’est à cet instant que j’ai réalisé qu’un tel sujet méritait un scénario à lui tout seul. Dès le départ, le traitement du vécu de la population civile était ma priorité. Je me devais d’être objectif et ne pas toucher à la politique. Le but est de rassembler les congolais et non les diviser.


Tu es cinéaste de formation, pourquoi cette orientation vers le roman ?
Le roman n’est que la suite d’un projet ambitieux qui englobe le cinéma. Je ne les dissocie pas. Le scénario du projet de long métrage " Terre pourpre " a existé avant le roman.
Le roman existe physiquement dans le film et c’est la partie flash-back du long métrage, à hauteur de 70 à 80%. 20 à 30% du film se déroulera au France. La logique voulait qu’il soit déjà publié. J’ai donc adapté le scénario en roman, chose inverse de ce qui se fait d’habitude.

Les liens entre les différents personnages sont réellement attachants, inégaux. Comment les as-tu construits ?
Tout part du message que je voulais faire passer : montrer l’absurdité de cette guerre et, généralement, celles qui ensanglantent les populations africaines car elles se ressemblent toutes : les amis se déchirent et s’entretuent, ainsi que les voisins et des membres d’une même famille multiethnique. Les pillages, les viols, les règlements de compte, les enfants soldats font parti de cette longue liste dérives recensées dans ces conflits. La construction des personnages s’en trouve alors facilitée.

Je crois savoir que tu n’étais pas au Congo, quand les événements que tu décris se sont déroulés. Pourtant, ce roman est très proche de la réalité. As-tu recueilli des témoignages de victimes et de bourreaux de ce conflit fratricide ?
Je n’ai pas recueilli de témoignage car je ne voulais pas écrire l’histoire d’une seule victime. Je souhaitais que chacun s’y retrouve. Tout n’est que fiction. Je me suis néanmoins documenté pour connaître les différentes étapes de cette guerre afin de respecter sa chronologie.

Une dernière question : comment organises-tu ton temps pour écrire et quelle est ta technique de travail ?
J’écris lorsque j’en ressens l’envie. Je ne force pas quand il n’y a pas d’inspiration. Ma principale technique, c’est de ne pas en avoir. J’écris à l’instinct.


N'hésitez pas à poser des questions à cet auteur, il m'a assuré de son désir d'échanger en ce lieu, sur son roman dans le cadre de cet interview.


@+
Gangoueus
1ère parution Juin 2007

vendredi 22 février 2008

Salim BACHI : Tuez-les tous



Tout un programme, ce titre ! Je ne change pas mes habitudes de lecture. Vous le savez métro, RER, bus, bref les transports en communs franciliens. Aussi, j’ai constaté des attitudes inhabituelles quand, à cause de la ponctuation peu orthodoxe du texte de Salim Bachi ou encore un temps de distraction, mon regard croisait celui de certains voyageurs porté sur la couverture de mon ouvrage. « Tuez les tous », la statue de la liberté survolé par un boeing ou un airbus et enfin Salim Bachi pour clore le portrait. On dira que c’est l’esprit de l’époque ou peut-être aussi ce que j’avais envie de voir. Allez savoir. Le 11 septembre 2001 restera incrusté dans les méandres les plus profondes de l’inconscient collectif de notre génération. Plus ici que dans le Tiers-Monde…

Salim Bachi est un auteur algérien dont j’ai fait la connaissance lors d’une interview qu’il avait accordé à son collègue Alain Mabanckou (voir le sujet) lors de la sortie de ce roman. Soyons honnêtes, je ne l’avais pas lu. Mais en tombant sur la version de poche, avec sa couverture originale, je me suis dit "pourquoi pas ?".

Il faut dire que l’auteur est audacieux puisque son personnage principal est un des pilotes kamikazes de ce funeste événement. Bachi imagine les vingt-quatre dernières heures de cet homme. Un peu comme la 25ème heure de Spike Lee, adaptation du roman de Daniel Benioff, 24 heures avant la nuit.

On a l’impression d’un myope qui observe une fresque murale sans en cerner les contours, les détails puis avec la rectification des verres, qui finit par y voir plus clair.
Au fil des pages, on suit ce personnage dans une sorte d'introspection, de rétrospective de sa vie avant l’ultime acte par lequel il compte conclure sa vie. Histoire d’une intégration ratée, d’une solitude profonde, de ses doutes, de sa haine, de son rejet de l'humanité. On le suit dans ses pérégrinations de Kandahar, à Cadix, de Paris ville des lumières éteintes à Portland, de Cyrtha à New York. En parallèle sa dernière nuit d'ivresse, ses rencontres, et au final un intellectuel réduit à attendre un signe de l’au-delà pour changer son destin.

Le ton est à la méditation, les références au Coran nombreuses.

Un ouvrage courageux où l’auteur semble dénoncer une certaine forme d’intégrisme radical tout en tentant d’en expliquer le terreau.


Morceau choisi :




Il espérait qu’un jour, de retour sur le chemin de la Science, éloigné de l’humanité falsifié des lumières éteintes, ils érigeraient construiraient inventeraient les armes qui détruiraient les cités démoniaques qui les asservissaient ; et cela ils le feraient avec la Parole contradictoire, en suivant l’exemple et la leçon qu’ils allaient donner demain au monde, précipitant une nouvelle course à l’armement, une nouvelle course de l’effroi.
C’était cela croire en Dieu ?
Peut-être pas.
Mais c’était de n’y plus croire du tout que de se complaire dans le rôle de la victime sacrificielle. La terreur devait changer de camp avec ou sans l'aide de Dieu!
Certes au début, ils subiraient la colère de l’Eléphant agacé par une abeille mais celle-ci conforterait leur combat, tant elle exarcerberait la violence du puissant animal, mettant fin à la fausse amitié des peuples, délimitant les nations en civilisés et barbares ; et chacun, en conscience, allait devoir choisir son camp au sein des empires ; lui avait choisi le sien, de force et non de gré, mais combien d’entre eux se
leurraient et pensaient être reconnus pour leur humanité, pour leur travail, pour
leur vertu, combien encore se berçaient d’illusions ?



Page 105, Collection Folio

Bonne lecture,
Gangoueus

Tuez les tous, Salim Bachi
Edition Gallimard, Collection Folio
1ère Parution 2006, 153 pages



vendredi 15 février 2008

Léonora MIANO : L'intérieur de la nuit




Ayané, étudiante en France, vient au chevet de sa mère mourante à Eku son village natal au Mboasu, pays imaginaire d’Afrique. Eduquée en marge du clan paternel par des parents aimants, amoureux et anticonformistes, fille de l’étrangère, fille d'Aama, Ayané revient sur cette terre qui est sienne mais dont elle ignore les codes. Un univers de vieillards, de femmes et d’enfants où le temps ne semble pas être une donnée variable. Le choc des civilisations est donc violent, alourdi par les ressentiments et non-dits des femmes du clan à l'endroit de la jeune fille.



Parallèlement à ce contexte explosif, Eku est assiégé par les miliciens d’une rébellion armée. Ces derniers investissent le village afin d’y trouver hommes, femmes, adolescents pour les besoins de leur cause militaire. Mais surtout, au travers d’une cérémonie macabre s’inspirant de la Cène chrétienne, ils ont le projet d’impliquer spirituellement les habitants d’Eku à leur quête de pouvoir et de réunification des clans par le sacrifice d'un enfant.



Léonora Miano aborde de nombreuses questions dans cet ouvrage dont la présentation dans les médias occidentaux a failli réduire le propos au seul acte de cannibalisme. En termes de clichés, quelle terreau! Mais est-ce le fond du propos de l'écrivaine camerounaise? Quoiqu'il en soit, elle aborde ces questions avec intelligence, un goût certain pour la provocation et surtout une maîtrise parfaite de la langue. Elle porte un regard sarcastique sur l’idéologie afrocentriste de certaines élites qu’elle illustre par le milicien Isilo. A tort? à raison? De ce point de vue, elle semble avoir une longueur d’avance sur le mouvement kémite en imaginant cette rébellion construite sur cette idéologie.





La colonisation avait privé l’Afrique de ses repères, alors il fallait s’en fabriquer d’autres. Elle deviendrait soleil du monde en se racontant des histoires (…) C’était tellement vrai que le moindre erreur dans le choix de ces histoires ou dans la manière de les conter était toujours fatale.


La nuit est obscure. En explorer l’intérieur relève de l’acharnement et de l’audace. Léonora Miano interroge par son héroïne universitaire une société vivant hors du temps et prête à toutes les compromissions possibles face aux kalachnikovs pour survivre, ne pas disparaître, exister. Par un concours de circonstance, Ayané n’assiste pas au sacrifice organisé par les miliciens.


L'ignorance n'est pas un gage d'innocence.


Pour obtenir la vérité, elle transgresse une nouvelle fois les règles, et l’omerta qui frappe la communauté.


Comment peut-on juger des choix d’une communauté quand on en comprend pas ou plus les codes ? Une fois confronté à l’immonde, la fuite est-elle la seule solution pour l’élite africaine?

L’intérieur de la nuit est avant tout un roman qui met en scène des femmes fortes ou résignées, en lutte contre un destin qui s’acharne contre elles, contre ou avec un système de valeurs ancestrales dont elles semblent être les otages, ou encore la violence des hommes incarnés par les miliciens. Elles pallient à la faiblesse, à la lâcheté, à l’absence, à la fuite des hommes du clan. Elles expriment leurs violences, leurs instincts de survie, leurs rivalités, leurs solidarités.


C’est un roman construit avec intelligence, écrit avec beaucoup de maîtrise et qui dérange par la pertinence de l’analyse et des questions d’Ayané. On pourrait toutefois être agacé par certaines généralisations sur une Afrique pourtant si plurielle dans ses us et ses coutumes.


La singularité d’Eké, père d’Ayané




Eké, l’homme d’Aama, contrevenait aux règles qui avaient toujours régi le clan. Il se rendaità la source à sa place, et elle avait en permanence une petite réserve d’eau. Lorsque ses frères lui conseillèrent de prendre une autre femme, d’abord parce que c’était mal d’avoir rejeté toutes celles du clan, ensuite parce que c’était mal de trop aimé une femme, il répondait qu’il ne voyait pas pourquoi il le ferait.



Coll. Pocket Page 17

Ayané, la bohémienne


Personne n’avait pu vérifier cette rumeur selon laquelle Ayané avait quitté le pays pour une terre lointaine, mais on l’imaginait bien, franchissant les frontières d’un monde qu’aucune femme ne s’était jamais aventuré à explorer. On ne lui avait rien enseigné de valable, et elle ignorait qu’il n’appartenait pas aux femmes de courir les rotes. Leur rôle était de demeurer tels des piliers fixes sous le soleil. D’être des fondations et des repères.


Coll. Pocket Page 24


Pour en savoir plus sur cette auteure, son site internet.


Bonne lecture,
Gangoueus

L’intérieur de la nuit, Léonora Miano
Edition Plon, 1ère parution 2005
Collection Pocket, 213 pages

vendredi 8 février 2008

Véronique TADJO : L'ombre d'Imana

Les ouvrages de certains auteurs ne sont pas d’un accès très aisé. Il faut dire que je manque parfois de temps pour faire la balade du côté de la rue des Ecoles, dans le 5è ou le 6è arrondissement de Paris. Histoire de trouver une librairie spécialisée sur les lettres africaines par exemple. Présence Africaine, l’Harmattan. La librairie dAnibwé dont on vante la qualité du côté de Montorgueil.
N’étant pas très fan des transactions sur le web, la Fnac demeure mon principal fournisseur du fait de sa proximité.
Véronique Tadjo fait partie des auteurs que je traquais en FNAC depuis plusieurs mois. Vous me direz : " passe la commande ". Bah, ça m’oblige à revenir, c’est pas mon truc. Bref, en décembre lors d’une escapade à la Fnac de Saint-Lazare, je suis enfin tombé sur un ouvrage de Véronique Tadjo. Non, non pas Angélique Kidjo, la lionne béninoise, championne de la world music. Non, la romancière ivoirienne Véronique Tadjo, Grand Prix de Littérature d’Afrique Noire 2005 pour Reine Pokou (Actes Sud).
L’ombre d’Imana, voyages jusqu’au bout du Rwanda.
Ce journal de bord a posteriori sur le génocide rwandais est une réelle réussite. Je n’avais pas encore lu d’ouvrage sur la question.
Dans le cadre d’un projet collectif ayant vu le jour au festival Fest’Africa de Lille sur le thème "Rwanda : écrire par devoir de mémoire", l’auteure a participé à cette résidence d’écrivains au Rwanda en 1998. En deux séjours.

Difficile de commenter cet ouvrage. Mais je pense très sincèrement qu’il n’y a pas meilleure introduction au lecteur novice sur la question du génocide rwandais. Véronique Tadjo construit son ouvrage comme une succession de courts témoignages. Tous très différents les uns des autres. Un gardien d’ossuaire. Une femme violée. Un paysan meurtrier. Des prisons remplis. Des histoires de haine et de pardon. La difficulté de la reconstruction. La folie. Le mal. La peur. Les massacres. La difficulté de juger, d’aider à la reconstruction des survivants à ce génocide planifié.
Le maître mot de cet ouvrage est la synthèse. Croisement de points de vue, de regards. Ce texte est trop court pour aller au fond des choses, mais assez dense pour nous donner un aperçu général qui nous oblige grace au talent de l’écrivaine ivoirienne à en savoir plus.
Extraits :
Une histoire qu’on raconte à Kigali
Une femme veuve vivait seule dans sa maison. Son mari était mort pendant le génocide et elle avait vu son voisin tuer son fils unique. Elle avait été violée par des miliciens et abandonnée sur le bord de la route. Mais elle avait survécu.
A la fin de la guerre, elle était retournée dans son quartier dans sa maison. Le voisin avait repris sa vie, ses activités d’avant.
Un jour, elle tomba gravement malade. Elle pensa qu’elle allait mourir. Et ce fut cet
homme-là, infirmier de profession, qui vint la soigner. Il s’occupa d’elle pendant plusieurs jours. A force de soins elle finit par se rétablir. Au fil de ses visites un amour naquit entre eux. La veuve se donna à lui. Alors les habitants du quartier s’offusquèrent " Comment peux-tu vivre avec celui qui a tué ton propre fils. " Et elle de répondre : " Où étiez vous quand j’étais malade et que je souffrais ? Cet homme là sauvé la vie. Depuis la guerre je ne me porte pas bien. Qui sait si je ne suis atteinte du sida ? Cet homme partage le sida avec moi. Qui d’entre vous aurait fait ça pour moi ?"
L’histoire ne dit pas si la femme vit toujours avec l’homme, s’ils sont morts maintenant ou si le voisin a été dénoncé par d’autres et mis en prison.
On ne précise pas non plus si l’homme sait que la femme connaît son crime. On ne sait pas pourquoi il s’est tant occupé d’elle. Sait-il qu’elle avait probablement le sida ?
(…)
L’amour de cette femme est-il condamnable ? L’homme s’est-il racheté ?
Cet amour est né de la mort. La mort en est le début et la fin. La mort est l’amour , le lien.
Page 47, ed. Babel

Aucune personne seule n’a tué une autre personne
" En dirigeant la peur et la haine contre les tutsis, les organisateurs espéraient forger une solidarité entre les hutus. Mais au-delà de ça, ils avaient l’intention de bâtir une
responsabilité collective pour le génocide. Les gens étaient encouragés à se livrer ensemble aux tueries, à l’instar des soldats d’un peloton d’exécution qui reçoivent l'ordre de tirer en même temps de sorte qu’aucun individu ne puisse être individuellement ou entièrement responsable de l’exécution. " Aucune personne seule n’a tué une autre personne " déclara un participant.
Je ferme le livre et le dépose sur la table. Ma respiration est profonde. Je ne peux
m’empêcher de relire le titre : Aucun témoin ne doit survivre, le génocide au Rwanda "
Oui se souvenir. Témoigner. C’est ce qui nous reste pour combattre le passé et restaurer notre humanité.

Page 94, Ed. Babel

A propos des enfants orphelins du génocide qui errent dans les rues de Kigali
Enfants du génocide, ils sont la blessure qui pourrait faire mourir encore une fois le pays car leur souffrance est amère et leur avenir ne va pas plus loin que le bout de la rue. Ils grandiront la rage au ventre et qu’importe l’appartenance, la vie n’est pas chère, la vie ne vaut pas grand-chose. Mourir n’est pas une grosse affaire puisque ça se fait au bord de la route, dans la poussière ou la boue. Ceux qui viendront armer leur bras et les enrôler dans une armée de va-nu-pieds sauront trouver les mots justes pour combler le vide de leur journées vagabondes. Ils sont les plaies ouvertes de la mémoire, le mal qui suppure.
Page 98. Ed. Babel
Un magnifique témoignage dont on ne sort pas indemne.
Bonne lecture
Gangoueus

L’ombre d’Imana de Véronique Tadjo
Actes Sud, 1ère parution 2000
Collection Babel 2006, 132 pages