Peux-tu te présenter ?
Je suis congolais (Brazzaville), résident français depuis 1995. J’ai un parcours atypique car ma formation d’origine est la pharmacie. C’est sur le banc de la fac de pharmacie de Strasbourg que j’ai eu l’idée d’écrire un scénario. Je devais surement m’ennuyer en cours. Ensuite, c’est mon admiration pour Luc Besson qui me poussera à suivre une formation de trois ans dans une école de cinéma, à l’issue de laquelle j’ai réalisé trois courts métrages.
Je me considère donc comme cinéaste de formation et romancier depuis peu.
Dès la réception des premiers exemplaires du roman au mois d’avril 2007, je suis parti au Congo pour sa présentation. C’est un double choix :
L’une des premières images que j’avais vues de cette guerre (1997) au journal de 20 heures était le corps sans vie d’un écolier portant un cartable dans le dos. Pendant des semaines, j’imaginais la réaction de ses parents qui le savaient sur le chemin de l’école. Quelques années après, j’ai voulu dénoncer cette guerre dans une scène d’un scénario de film policier que j’écrivais. C’est à cet instant que j’ai réalisé qu’un tel sujet méritait un scénario à lui tout seul. Dès le départ, le traitement du vécu de la population civile était ma priorité. Je me devais d’être objectif et ne pas toucher à la politique. Le but est de rassembler les congolais et non les diviser.
Le roman n’est que la suite d’un projet ambitieux qui englobe le cinéma. Je ne les dissocie pas. Le scénario du projet de long métrage " Terre pourpre " a existé avant le roman.
Le roman existe physiquement dans le film et c’est la partie flash-back du long métrage, à hauteur de 70 à 80%. 20 à 30% du film se déroulera au France. La logique voulait qu’il soit déjà publié. J’ai donc adapté le scénario en roman, chose inverse de ce qui se fait d’habitude.
Les liens entre les différents personnages sont réellement attachants, inégaux. Comment les as-tu construits ?
Tout part du message que je voulais faire passer : montrer l’absurdité de cette guerre et, généralement, celles qui ensanglantent les populations africaines car elles se ressemblent toutes : les amis se déchirent et s’entretuent, ainsi que les voisins et des membres d’une même famille multiethnique. Les pillages, les viols, les règlements de compte, les enfants soldats font parti de cette longue liste dérives recensées dans ces conflits. La construction des personnages s’en trouve alors facilitée.
Je crois savoir que tu n’étais pas au Congo, quand les événements que tu décris se sont déroulés. Pourtant, ce roman est très proche de la réalité. As-tu recueilli des témoignages de victimes et de bourreaux de ce conflit fratricide ?
Je n’ai pas recueilli de témoignage car je ne voulais pas écrire l’histoire d’une seule victime. Je souhaitais que chacun s’y retrouve. Tout n’est que fiction. Je me suis néanmoins documenté pour connaître les différentes étapes de cette guerre afin de respecter sa chronologie.
J’écris lorsque j’en ressens l’envie. Je ne force pas quand il n’y a pas d’inspiration. Ma principale technique, c’est de ne pas en avoir. J’écris à l’instinct.


































